Niveaux sonores et Enregistrement (Part.2)

Écrit par MixCorner le 1er mai 2017, dans - Audio - Dossier - Technique. | 167 visites pour cet article.

Préambule :
Si vous n’avez pas lu la 1ère partie de cet article, je vous recommande de le faire avant pour être sûr de bien comprendre ce qui va suivre.

NIVEAU « IDÉAL » EN NUMERIQUE ET ENREGISTREMENT

Comme je le disais dans la 1ère partie de cet article, en analogique c’est simple, le niveau idéal est indiqué par le VU mètre. C’est 0 dB VU. Lors d’un enregistrement, l’ingénieur du son n’a qu’à ajuster ses niveaux pour que ça tape au plus près de 0 sachant qu’il y a une marge comme je l’ai expliqué également.

Et en numérique, ou se trouve cette équivalence alors ? Si on regarde de nouveau un peak mètre comme celui de Logic Pro X,

Peak mètre
Peak mètre

Ils sont utilisés en numérique

Les choses sont claires. Il n’y a aucune indication de niveau recommandée.

Pourtant si on prend le matériel numérique comme une carte son par ex. (ou plutôt les convertisseurs A/N chargés de transformer le signal analogique en numérique), elle a elle aussi un niveau de fonctionnement idéal.

Malheureusement ce niveau n’est officiellement défini par aucune norme. Donc il varie un peu selon les pays et/ou constructeurs de matériel audio entre -20 dB FS et -16 dB FS. Sachez quand même que le chiffre le plus souvent utilisé est -18 dB FS.

Faites en sorte que ça tape au plus proche de ce chiffre quand vous enregistrez, si vous avez 2 ou 3 dB en plus ou en moins, c’est pas un problème.

En enregistrant à ce niveau, vous vous assurerez donc une marge de manoeuvre confortable de 18 dB pour ce qui est des peaks puisque le max à ne pas dépasser est je le rappelle 0 dB FS.

NB : On appelle cette marge le Headroom. Notion très importante dans un contexte « in the box », c’est à dire quand on travaille à 100% dans un ordinateur ce qui est le cas de beaucoup de gens de nos jours.

Plus vous avez de Headroom, plus il y a de « place » pour que votre mix respire. A l’inverse, plus vous vous approchez de 0 dB FS et moins vous avez de dynamique puisque vous réduisez la marge entre les niveaux RMS et peak.


Du coup maintenant que vous savez ça, ça soulève une autre question, celle de la mesure. Car tout comme en analogique, on parle d’un niveau en RMS. Hors les DAW ne sont pas équipés de VU mètres comme on l’a vu dans la première partie de l’article, donc comment faire pour savoir quand on est aux alentours -18 dB FS RMS ?

Pour remédier à ça, vous devrez avoir recours à un plugin tiers comme par exemple FreeG (gratuit) de Sonalksis disponible ici.

NB : Dans FreeG, les barres rouges fines indiquent le niveau en RMS et les barres vertes celui en peak. Vous voyez dans cet exemple qu’il y a environ 20 dB d’écart entre les 2 sur le canal de gauche et un peu moins à droite, ce qui est beaucoup !

Grâce à un plugin comme celui là, vous pourrez donc faire vos enregistrements en faisant vos niveaux en RMS !

LES AVANTAGES DE TRAVAILLER EN RMS SONT NOMBREUX :

  • Vous vous assurez des enregistrements sans distortion car il est rare d’enregistrer un instrument qui a plus de 18 dB de dynamique.
  • Vous minimisez les problèmes de saturation du bus master. Dans une session ou tout est enregistré trop fort, votre bus master sera saturé avant même que vous fassiez quoi que ce soit. Vous passerez votre temps à tout baisser au moment du mix.
  • En cas d’utilisation de hardware dans une session de mix, vos pistes seront déjà au bon niveau et attaqueront donc les entrées de vos machines préférées exactement au niveau attendu sans les saturer.
  • Même chose pour les plugins qui émulent des machines analogiques comme des compresseurs, EQ et autres qui eux aussi peuvent saturer.
  • Vos sessions seront plus homogènes. En effet, si vous enregistrez toutes vos pistes au même niveau en RMS, elles auront toutes des volumes sonores à peu près équivalents et aucune ne sera d’emblée beaucoup plus forte que les autres.
    En laissant tous les faders à 0, vous aurez quelque chose de globalement équilibré. Je donnerai une explication détaillée dans un futur article !
  • Pour finir sur l’enregistrement, tenter de se rapprocher du 0 dB FS quand on enregistre est une erreur.
    Plus vous vous approchez du 0 dB FS et moins vous avez de marge pour vos peak qui seront de plus en plus saturés. Des peak saturés dénaturent totalement un enregistrement qui semblera sans relief, sans vie.

Cette erreur est due en partie à la confusion entre le 0 VU de l’analogique et le 0 dBFS qui, vous le savez maintenant, n’ont rien à voir entre eux.
Enregistrer le plus fort possible en analogique était une nécessité car c’était un moyen de couvrir les bruits de fond générés par l’enregistreurs et les différents appareils utilisés.

En numérique, ça n’a pas lieu d’être car on en est à un stade ou grâce à l’enregistrement en 24 bit, on dispose maintenant de 144 dB de dynamique.

Ce gain en dynamique ne se fait pas vers le haut, vous ne pouvez pas enregistrer plus fort. Le gain se fait vers le bas, ce qui repousse encore encore plus bas le seuil de bruit généré par votre interface (déjà bien plus bas qu’en analogique).

L’idée reçue selon laquelle il faut enregistrer le plus fort possible pour masquer ce bruit est donc totalement obsolète même avec des interfaces à prix très modestes car les bruits de fond sont dérisoires de nos jours.

EN RÉSUMÉ POUR ENREGISTRER CORRECTEMENT, IL VOUS FAUT :

  • Un plugin vous permettant de lire les niveaux en RMS
  • Enregistrer à -18 dB FS (RMS) ou au plus proche de cette valeur
  • Toujours prendre soin de ne pas dépasser 0 dB FS

NB : Si votre niveau peak dépasse 0 dB FS en étant à -18 dB FS RMS, alors baissez le niveau d’enregistrement en conséquence ou mieux encore réduisez la dynamique à l’enregistrement à l’aide d’un compresseur si vous le pouvez.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère avoir été assez clair dans mes explications, et que toutes ces infos vous seront utiles. N’hésitez pas à réagir dans les commentaires.

Merci de m’avoir lu et à bientôt pour la 3ème partie dans laquelle j’expliquerai plus en détails pourquoi je ne recommande pas d’enregistrer en utilisant les niveaux en peak. Je vous donnerai aussi quelques infos concernant les niveaux en mastering.

MixCorner




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